La cortisone, avantages et inconvénients

La cortisone fait partie de la famille des “corticoïdes”. Elle constitue un traitement remarquable dans de nombreuses maladies comme les allergies, les douleurs, les rhumatismes, les maladies auto-immunes, etc. Leur intérêt est largement démontré.

Mais ils présentent aussi des effets indésirables variables selon les doses administrées, la durée du traitement et les individus. 

Les corticothérapies courtes 

Les corticothérapies (traitements à base de cortisone) de courtes durées c’est-à-dire de quelques jours voire une ou deux semaines, posent peu de problèmes. Elles sont bien supportées (même mieux que les anti-inflammatoires non stéroïdiens – AINS). Dans cette situation, il n’est pas nécessaire de suivre un régime sans sel. Elles sont efficaces aussi bien sur l’inflammation des infections que sur l’allergie dont elle constitue le traitement le plus puissant. Une corticothérapie courte est généralement  le traitement de crise en cas de :

  • Infection aigue, surtout dans des localisations difficiles ou potentiellement graves comme les oreilles, les sinus, les poumons, où elles sont  prescrites en association avec les antibiotiques. 
  • Poussée allergiqueimportante : crise d’asthme, eczéma généralisé, œdème de Quincke (allergie de la trachée pouvant gêner le passage de l’air), allergie ORL importante… 

Les corticothérapies longues 

Ce sont les corticothérapies de longue durée qui se comptent en semaines ou en mois voire davantage, qui posent des problèmes à cause de possible :

  • rétention d’eau (d’où la nécessité d’un régime sans sel),
  • baisse immunitaire (et risque infectieux),
  • augmentation du taux de sucre sanguin (risque de diabète)
  • baisse du potassium sanguin,
  • toxicité digestive (gastrite, colite, ulcère), 
  • décalcification osseuse (et risque de fracture),
  • atrophie cutanée,
  • cataracte, 
  • retard de croissance,
  • diminution de l’activité de la surrénale qu’il faudra relancer à l’arrêt du traitement.

Une surveillance médicale rapprochée est donc nécessaire en cas de corticothérapie de longue durée.

  Les corticoïdes se retrouvent également sous forme de :

– Pommades prescrites dans les eczémas par exemple.

– Bombes aérosol pour l’asthme,

– Collyres pour allergies oculaires,

– Gouttes nasales pour les rhinites…

Ces formes sont utiles pour soulager les crises invalidantes (infectieuses ou allergiques), tout en évitant d’avoir recours à la corticothérapie par voie générale. Cependant, il ne faut en aucun cas que cela devienne un traitement quotidien, régulier, de routine voire de traitement préventif… Car dans ce cas, même s’il ne s’agit que d’un traitement local, sa répétition finira par faire pénétrer la cortisone dans la circulation sanguine générale ce qui induira une situation identique à une corticothérapie par voie générale avec les mêmes inconvénients. J’ai vu le cas d’un homme qui utilisait de la pommade corticoïde depuis plusieurs années pour son eczéma qui présentait de ce fait un hypercorticisme, c’est-à-dire tous les symptômes d’un excès de cortisone dans le sang, comme s’il prenait un traitement oral quotidiennement de cortisone.

Pourquoi les homéopathes sont-ils si réfractaires à la cortisone ? D’abord à cause des effets secondaires, mais surtout notamment en cas d’allergie, parce que la cortisone va bloquer la sortie des toxines en les empêchant ainsi de s’évacuer. Car pour l’homéopathie, l’allergie, les rhumatismes et autres, sont des solutions choisies par le corps pour évacuer l’excès de toxines qui l’encrasse. Ainsi en donnant de la cortisone (par voie générale ou locale), le traitement soigne la conséquence et non la cause de la maladie. C’est un peu, comme si les autorités vous interdisaient de sortir vos poubelles pour garder la ville propre, sans vous dire quoi faire de vos déchets. Dans cette situation, l’organisme va déterminer une autre échappatoire. C’est ainsi que de nombreux eczémas soignés avec des pommades à la cortisone, guérissent… mais un asthme se déclare dans les suites plus ou moins immédiates. Une porte a été fermée, alors une autre s’ouvre. Cependant, aucun homéopathe n’est opposé à l’usage de la cortisone dans les situations graves et urgentes. Ce serait ridicule. 

Dr Luc Bodin



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